Polypes de la Méduse Aurélie (Aurelia aurita) . Photo D. Terver - G. Eckert
A titre indicatif, paramètres relevés à domicile et contrôlés une fois par jour pour les uns (T°, pH), une fois par semaine pour d’autres (salinité, dioxygène), tous les mois pour le cycle de l’Azote : Température = 20 (idéalement) à 22-23 °C. (La T° ambiante convient, une montée trop brutale et incontrôlée, l’été par exemple, pouvant induire une strobilation) ; Salinité = 32-34 ; pH = 8,2 - 8,4 ; oxygène dissous = 6 ‰ (pas de bullage mais filtre sous sable). Absence de Nitrites, Nitrates, Phosphates… Changements d’eau de l’ordre de 10 % par semaine en moyenne. Nourriture : 1 à 2 fois par semaine pour maintenir la souche, 2 à 3 fois par jour pour la faire proliférer, mais chaque fois sans excès, pour éviter l’accumulation de déchets (Nauplies non consommées) ou le déclenchement d’une strobilation. En fait, le volume des bacs de stabulation et de multiplication des polypes n’a pas une grande importance et peut aller de quelques litres à une trentaine, voire plus (Fig., 62 et 63). Ces bacs peuvent avoir un rôle décoratif (Fig. 62). Dans ce cas, il faut toutefois veiller à ne pas contaminer l’élevage par des espèces concurrentes. Les "Anémones de verre" du genre Aiptasia , particulièrement envahissantes, comptent parmi les plus "faciles" à introduire accidentellement ! Se méfier également des Hydroméduses coloniales souvent amenées avec la nourriture vivante (Nauplies d’Artémias) et qui "brûlent" littéralement non seulement les polypes, mais également les éphyrules, voire les adultes. La présence d’un éclairage entraine une pression concurrentielle d’Algues encroûtantes sur les vitres (régulièrement nettoyées) et tout support propre (placé à l’ombre), introduit pour permettre aux polypes de conquérir de nouveaux territoires.
En phase de stabulation, de survie, les polypes ne sont généralement nourris qu’une à deux fois par semaine. La quantité de Nauplies distribuée est fonction du nombre de polypes. Cette quantité peut être estimée par l’expérience, en partant du principe que toutes les Nauplies doivent être consommées dans la demi heure qui suit la distribution, en vérifiant que les polypes changent de couleur et qu’un minimum de Nauplies décante et meurt. Une augmentation du rythme et de la quantité de nourriture distribuée (une à plusieurs fois par jour), entraine très généralement le bourgeonnement des polypes qui partent à la conquête de nouveaux supports. Si l’on accentue encore ce rythme la strobilation peut être induite. Bref, toute variation brutale des conditions du milieu, entraine habituellement une réaction des polypes. Cette réactivité est exploitée pour provoquer, à la demande, la prolifération des polypes, leur strobilation et la production d’éphyrules.
Chez Cassiopea andromeda (Fig. 64, polypes à pédoncules longs, strobilation monodisque), se forme, à la base du calice, un premier bourgeon puis, en dessous de ce dernier, un second apparaît. Cette succession de deux bourgeons est un phénomène bien connu chez C. xamachana , mais plus rare chez C. andromeda . Ces bourgeons vont subir une constriction de leur base, les libérant ainsi du calice. Il va en résulter des planules planctoniques mobiles qui iront se fixer sur un support et donner de nouveaux polypes. Ce type de reproduction, mais à un seul bourgeon sur les calices, a également été observé par Lionel feuillassier chez C. xamachana et chez P. punctata . La longueur de la planule (encadré du haut) est ici de 650 µm.
Elevage et maintenance des souches de polypes en Aquarium public et à domicile : Le captage, dans la nature, de larves planula est rarement pratiqué. Par contre, il est possible, en cas de ponte en Aquarium, de mettre à disposition d’éventuelles planules, des supports (coquilles d’Ormeaux par exemple), placés dans un bassin alimenté par le trop-plein (voir schéma de principe Fig. xx ). Le bourgeonnement et la multiplication végétative de ces formes larvaires benthiques que sont les polypes, sont monnaie courante et ne posent pas de problème majeur. Lionel Feuillassier à même pu observer et photographier (Fig. 64), des bourgeonnements doubles, assez rares, chez Cassiopea andromeda . Les polypes ont une tendance naturelle à envahir tout support propre lorsque les conditions sont favorables (bonne qualité du milieu et nourriture distribuée une à plusieurs fois par jour). Les coquilles d’Ormeaux sont très appréciées et souvent utilisées mais non indispensables. Au contraire, Lionel Feuillassier attire l’attention sur le fait que, d’une façon générale, toute coquille peut représenter un danger dans la mesure ou elle constitue, même bien nettoyée au départ, un support de choix pour de nombreux compétiteurs trophiques (Hydraires et Algues en particulier). L’intéressé utilise préférentiellement de petites grilles en plastique ( Fig. xx ), poches ostréicoles récupérées sur la plage, faciles à nettoyer et à entretenir (en cas de besoin, les organismes parasites sont détachées efficacement à l’aide d’une brosse à dent ou d’une pince à épiler). Quant aux souches élevées par Guillaume Eckert (Fig. 62), elles proviennent du Vivarium du Jardin Zoologique de Bâle (1998). Elles ont été maintenues pendant de nombreuses années à une ancienne adresse. Au moment d’un déménagement, en 2006 , les bassins ont été vidés, puis stockés à sec et au frais dans une cave pendant une année ! Lors de la remise en eau, les 2 souches, sans doute "incrustées" sous forme de statoblastes dans les anciennes "pierres vivantes", également stockées à sec et au frais, sont réapparues sur les vitres, sous forme de polypes, une quinzaine de jours seulement après la remise en eau (de mer). Pascal Coutand , Aquarium de Vendée "Le 7e Continent", rapporte que, suite à une importation de « pierres vivantes », le bassin de stockage prévu a littéralement été envahi de polypes de Cassiopea , lesquels ont donné une multitude d’éphyrules puis d’adultes. Claude Vast , Aquarium de Limoges, rapporte une observation identique : les Cassiopées élevées à l'Aquarium et ayant fait l'objet de séquences filmées ( Cassiopée andromède, la Méduse inversée = http://youtu.be/FaGn5LI56tw) sont apparues spontanément après importation de "pierres vivantes". L'élevage simultané des deux espèces est possible (Fig. xx)
Fig. 62. - Bacs de production de polypes de Cassiopée (à gauche) et d’Aurélie (à droite) d’un volume de 30 l chacun. Au centre, unité de production de Nauplies d’Artémias. Photo D. Terver, élevages G. Eckert .

Fig. 64 - Reproduction asexuée par bourgeonnement chez C. andromeda . Elevages, observations et photos : Lionel Feuillassier
Fig. 63 - Image de gauche : stabulation de Polypes et production d’Ephyrules au Laboratoire de La Cité de la Mer, Cherbourg . Partie supérieure de l’image : 5 cuves de 2 à 30 litres, destinées à la production de diverses espèces de polypes (1 = Aurelia aurit a; 2 = en attente ; 3 = Chrysaora melanaster ; 4 = en attente; 5 = Chrysaora fuscescens ; hors champs = Mastigias papua ), sur divers supports ( coquilles d’Ormeaux, tubes PVC, pierres…), après transit par le réfrigérateur (strobilation par choc thermique froid). Partie inférieure : cylindro-coniques collecteurs d’éphyrules (à gauche, en préparation pour Aurelia aurita, à droite opérationnel pour Chrysaora melanaster . Photos Pierre-yves Bouis, La Cité de la Mer. Images de droite : En bas, Ephyrules d’ Aurelia aurita en grossissement dans cylindro-conique de 4,5 l. Densité au départ : 800 Ephyrules / litre, soit un total d’environ 3600 Ephyrules. Elles seront, bien évidemment, progressivement « diluées » dans des volumes plus importants. En haut, Ephyrule d’ Aurelia aurita (Ø 2 mm), sous loupe binoculaire. Elevages et photos Lionel Feuillassier .
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