On pourrait croire que chez des animaux aussi primitifs, l’hermaphrodisme soit la règle comme chez l’Hydre par exemple. Ce n’est pas le cas. L’hermaphrodisme est plutôt l’exception. La Méduse boussole ( Chrysaora hysoscella ), que l’on rencontre en Méditerranée mais aussi en Manche et dans l’Atlantique, fait partie de ces exceptions (elle est hermaphrodite, au moins temporairement), exceptions qui confirment cette règle : les sexes sont séparés. Une larve ciliée, aplatie, nageuse est commune aux Cnidaires : la Planula (fig. 12). Alternance, en principe, d'une phase libre, nageuse, planctonique (Méduse) et d'une phase fixée, benthique (Polype). Le polype peut être comparé à une sorte de tube à essai charnu dont la partie fermée serait fixée, la partie ouverte, correspondant à la bouche, étant entourée de tentacules. Les polypes peuvent bourgeonner et se multiplier par voie végétative de façon impressionnante parfois. A première vue, la méduse a une forme de champignon portant, face inférieure, un "pied" mobile ou manubrium terminé par la bouche. On la compare souvent aussi à un parapluie, une ombrelle dont le manche serait le manubrium, ou à une cloche dont le battant correspondrait, là aussi, au manubrium. La méduse est également souvent décrite comme un polype "écrasé" et retourné de 180°. L'alternance d'une reproduction sexué et d'une multiplication végétative (ou asexuée), constitue, en quelque sorte, une double chance pour la prolifération de l’espèce qui est dite métagénique. Si l’on y ajoute un étonnant pouvoir de cicatrisation (auquel l'abondant mucus secrété n'est pas étranger) et un non moins étonnant pouvoir de régénération des tissus, il est facile de comprendre que les méduses (au sens large), présentes dans les océans depuis au moins 600 millions d’années, ne sont pas prêtes de disparaître. La fossilisation, compliquée, d’animaux aussi aqueux fait que les sites et gisements d’empreintes sont rares mais bien réels.
" Il existe différents types de cellules urticantes adaptées à la nature des proies, chacun refermant sa propre toxine, ils forment des associations particulières aux genres et aux espèces, on parle alors de « cnidome », c’est un caractère utile pour la classification. La taille des cnidocystes ne dépasse pas 0,08 mm de long, le filament dévaginé atteint à peine 0,1 mm. Chaque cellule inocule 180 µm3 environ de toxine, on estime qu’il faut plus de 5 millions de cnidocystes pour fournir 1 mm3 de toxine, mais celle-ci reste active à très faible dose." d’après J. Goy et A. Toulemont .
Fig. 5. - Cytologie d'un cnidoblaste avec cnidocyste rétracté (au repos mais "armé", "chargé") et dévaginé (après avoir été activé, "désarmé", "déchargé") .
Polypes de la Méduse Aurélie (Aurelia aurita) . Photo D. Terver - G. Eckert
Le cnidoblaste est une cellule ectodermique, intercalée entre deux cellules ordinaires, présentant généralement une région renflée portée par un pédoncule. Le pôle apical est armé d'un organe particulier et servant de déclencheur : le cnidocil. Celui-ci est voisin d'un opercule obturant une capsule ovoïde renfermant du venin : le cnidocyste. Le bord interne de la capsule s'invagine pour former un tube basilaire (= hampe, souvent armée de crochets), terminé par un cône distal prolongé par un filament qui s'amincit progressivement tout en s'enroulant en spirale autour du cône. A l'intérieur du cône et du filament, présence d'épines dirigées intérieurement vers la base du filament. L'excitation du cnidocil, prolongement protoplasmique en relation avec le plexus nerveux sous-épidermique, provoque la contraction brutale des myofibrilles du cnidoblaste, ce qui fait monter la pression dans le cnidocyste, soulève l'opercule qui est rejeté sur le côté, provoque l'évagination du tube basilaire et le retournement "en doigt de gant" du filament; les épines se retrouvent alors à l'extérieur du filament et dirigées vers l'arrière, le tout fonctionnant comme un mini-harpon ou un microscopique javelot. Le liquide urticant aux propriétés venimeuses, s'échappant par l'orifice distal, est ainsi injecté dans le corps de la victime ! Il faut imaginer celle-ci recevant d'un seul coup une myriade de fléchettes empoisonnées, certaines zones privilégiées du corps, tentacules en particulier, étant en effet bardées de minuscules rampes de lancement prêtes à expédier leurs projectiles! Le cnidocyste, qui ne fonctionne qu'une fois, est perdu mais aussitôt remplacé. Ils n’est pas forcément fabriqué sur place mais souvent dans des foyers cnidogènes et migre sous forme de cnidoblaste vers les lieux d'utilisation tout en achevant sa maturation. Une grande partie de l’énergie consommée par les méduses est ainsi consacrée au renouvellement du stock de cnidocystes, indispensables pour la capture des proies. Le venin contient des toxines protéiques (actinocongestine) à l'origine de la découverte du phénomène de l'anaphylaxie par Richet et Potier en 1902. Certaines espèces peuvent délivrer des toxines mortelles pour l'Homme. Il existe d'innombrables formes de cnidocystes, dont 16 fondamentaux, aidant à la classification des Cnidaires. Certains d’entre eux sont équipés de stylet et pénétrants, d’autres préhensiles (le filament s’enroule autour des proies) ou collantes (secrétions gluantes). Ces différents types de cnidocystes sont souvent rassemblés en batteries urticantes très performantes, laissant peu d’espoir aux proies visées. Ce dispositif est, évidemment, inhibé par la présence d'un commensal, hôte(s) temporaire(s) ou permanent(s) présent(s) chez la plupart des espèces.
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Pour mémoire : les Cnidaires sont divisés en quatre classes : Hydrozoaires (Hydres, à mésoglée sans cellules), Scyphozoaires (Aurélie, à mésoglée avec cellules), Cubozoaires (Guêpes de mer, les plus dangereux, à ombrelle cubique) et Anthozoaires (Alcyonaires ou «coraux mous », Madréporaires ou « coraux durs », stade polype uniquement, cavité gastrique cloisonnée). Aquatiques, presque tous marins, souvent fixés, souvent coloniaux, l'embranchement doit donc son nom à la présence de capsules urticantes spécialisées (Fig. 5), les cnidocystes (= ortie) encore appelés nématocystes (= filaments). Ces cnidocystes sont inclus dans une cellule, le cnidoblaste ou nématoblaste ou cnidocyte, dont elles constituent la partie différenciée.
Sous-embranchement : Méduzoaires . Phase méduse (libre et pélagique), acraspède (pas de voile sous-ombrellaire ou velum), présente dans le cycle vital (fig. 11). Classe : Scyphozoaires (allusion à leur forme de coupe, de soucoupe, d'assiette) ou Acalèphes (= ortie, allusion à leur caractère urticant lié au cnidocyste) ou Scyphoméduses , sont représentés, à l'état adulte, par des Méduses de grande taille de type acraspède (sans vélum). Elles sont souvent qualifiées de "Méduses vraies". La forme méduse domine ici, le polype étant absent (chez les espèces de haute mer, la planule donne directement une nouvelle méduse), ou un peu particulier, différent du polype des Hydroméduses : le Scyphistome (Fig. 6), également appelé Scyphopolyope ou polype primaire . Celui-ci possède une cavité gastrique divisée en quatre poches ou septums (symétrie d'ordre 4), marqués, au niveau du disque oral, par quatre enfoncements en entonnoirs. Animaux exclusivement marins.

Fig. 6. - Représentation schématique comparative (coupes transversales) de l'organisation d'un polype et d'une méduse d'un Hydrozoaire et d'un Scyphozoaire. Couleurs et proportions réelles ne sont, évidemment, pas respectées : en extension, un polype d'Hydre peut atteindre 2-3 cm, un Scyphistome ne dépasse guère 0,5 cm. Une méduse d'Hydrozoaire craspédote (pourvue d'un vélum) plafonne à 1-2 cm de diamètre alors que celle d'un Scyphozoaire acraspédote (dépourvue de vélum) peut atteindre 60 cm et plus.
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